Le Top 10 des ennemis du couple

Les slips kangourou blancs avec la poche qui baille et les culottes « Petit Bateau » à rayures roses, on savait que ça risquait de casser un peu le personnage. Se vautrer sur le canapé, la zappette à la main dès le retour au foyer, là aussi on se doutait bien que ce n’était pas bon pour le karma de notre couple. Des tue-l’amour comme ça, il en existe à la pelle. Voici le Top 10 des trucs qui détruisent la vie à deux. Faites le ménage au plus vite pour protéger... votre ménage.


Mon amour de rencontre

La télévision.

Depuis quatre-vingts ans, elle illumine nos soirées... et mine nos nuits. Meilleure amie de l’homme, la télé est également le pire ennemi de la femme. Comme les playmates en bikini et la visseuse-dévisseuse sans fil, c’est un truc de mecs. Il suffit de l’allumer pour qu’ils deviennent aveugles et sourds. Même la danse des sept voiles avec le string à dénouer sur les côtés n’a plus de prise sur eux lorsqu’ils sont en train d’assister à une séance de buts en or. Sûr que s’il avait pu prévoir que le plateau télé viendrait réduire à néant la vie sexuelle de la moitié de la planète pour cause de lobotomie télévisuelle, il y a fort à parier que John Logie Baird, le papa de ce satané poste se serait tourné vers un truc utile, comme le peigne à girafe ou les ciseaux pour chauves. Mention spéciale à la télé dans la chambre, l’assurance anti-sexe, plus efficace encore qu’une ceinture de chasteté.

La routine sexuelle.

Au début d’une histoire, on passe ses nuits à lécher des kilomètres de peau et à tripoter un nombre incalculable de muqueuses pour trouver ce qui fait grimper l’autre au rideau. En général, une fois qu’on connaît le mode d’emploi sur le bout des doigts, on rejoue sans cesse la même scène, celle où 100 % des gagnants ont tenté leur chance. Pourtant dans un lit comme sur un champ de bataille, on ne déviait jamais s’endormir sur ses lauriers et tenter de recycler la même tactique, sous peine de voir l’ennemi retourner traîtreusement vos armes contre vous et vous lancer un terrible « OK c’est bien, mais c’est toujours pareil. » Le sexe conjugal, toujours au même endroit, toujours dans la même position, c’est comme le foie de veau au vinaigre, les tomates farcies, le bœuf miroton ou n’importe lequel de vos plats préférés. On a beau adorer ça, si on vous en sert tous les jours, on ne vous donne pas longtemps avant de craquer pour une saucisse frites.

Le manque de dialogue.

Le dialogue, c’est ce qu’il y a de plus important dans un couple. Enfin, surtout au début. Des tonnes de textos, de mails, d’appels, de fax, de lettres, de pigeons voyageurs - c’est une question de génération - vous ont été nécessaires pour tomber enfin dans les bras l’un de l’autre. Puis vous avez continué sur votre lancée, en submergeant votre amoureux de mots doux, en lui susurrant des choses torrides à l’oreille, en passant des nuits entières à refaire le monde. Ensuite est arrivé le quotidien, ses problèmes incontournables et ses occasions en or de discussions-débats passionnantes sur le thème de qui doit faire les courses, de comment gère-t-on le compte commun, ou de « Et ta mère, pourquoi elle passe son temps à la maison ? »

Peu à peu vous ne vous parlez plus, vous vous informez : du stock de bières, des horaires de la nounou, des dîners prévus... Côté sentiments, vous êtes persuadés de vous comprendre à demi-mot, qu’un simple regard suffit à savoir ce que pense l’autre, un peu comme un maître et son fidèle compagnon canin. Vous avez fini par vous dire que c’est ça la vie de couple et, à notre avis, c’est une vision un peu flippante.

Les enfants.

Plus tard, elle sera infirmière, il sera pompier. Enfin pour l’instant ils vous pompent l’air et vous n’avez plus une seule minute à vous. Désirés, adorés, cajolés bien sûr, mais aussi envahissants et stressants. Dès la sortie de la maternité, ils vous ont enchaîné au pied de leur berceau aussi définitivement qu’un gardien des Baumettes au poignet du Grand Bébert, le roi du fric- frac. Et comme lui vous en avez pris pour au moins vingt ans, en espérant que vos enfants ne tombent pas un jour sur une rediffusion de « Tanguy », sous peine de les voir s’accrocher une dizaine d’années de plus. Ils dévorent votre temps et épuisent votre énergie aussi sûrement qu’ils descendent les packs de couches et, plus tard, les pots de Nutella. Privés de temps, d’intimité, de dialogue et de sexe, vous devenez une mère et un père méritants qui attendent tous les soirs que la couvée soit enfin endormie pour se retrouver. Entre la rubéole de Junior et la quatrième dent de la petite, ça vous laisse à tout casser six heures de tranquillité avant que les petits monstres ne se réveillent. Juste le temps de dormir pour oublier tout le reste...

La disparition de la séduction.

Quand vous vous êtes rencontrés, une seule personne au monde était encore plus heureuse que vous : votre esthéticienne. Grâce à votre assiduité, elle a pu se payer une collection de sacs à main digne de celle d’une Première Dame de France. Et puis vous vous êtes dit que l’épilation, vous pouviez la faire toute seule, que le vernis n’était pas indispensable hors des grandes occasions, que les poils l’hiver, ça tenait chaud, et que quelques petits points noirs avaient cela de sympa qu’ils vous faisaient rajeunir de quinze ou vingt ans. Même tarif pour Monsieur, jadis rasé de près 7jours sur 7, qui vous la joue dorénavant cactus humain en dehors des jours ouvrés. Lui qui, à une certaine époque, semblait croire que le déodorant était le meilleur ami de l’homme, et qu’on ne termine jamais mieux une journée qu’en se douchant, se couche dorénavant dans son brouet de la journée, demandant comme le Mont Blanc, à quiconque veut l’escalader, une certaine détermination. La séduction, ce sont tous les efforts que nous faisons pour attirer l’attention de l’autre quand il n’est pas encore totalement acquis, et dont nous nous passons de plus en plus quand notre couple paraît coulé dans le bronze. Les cadeaux, les petites attentions, les grandes déclarations et costumes de prince charmant ne devraient jamais finir leur vie au rayon des accessoires.

Les obligations.

Si on met bout à bout le mariage d’un- tel, le dîner chez tel autre, le pot chez un troisième, sans oublier le déjeuner chez les beaux-parents, votre vie est devenue un cortège ininterrompu d’obligations. Il y a celles où vous vous forcez à aller parce que vous êtes un couple, même si les amis de votre ami ne sont pas forcément vos amis. Il y a celles où vous allez en tramant les pieds parce que ça se fait, comme le baptême d’un arrière-petit-cousin que vous ne voyez jamais ou où vous n’allez pas du tout, prétextant une bonne gastro alors que vous êtes en réalité parti faire des rencontres adultères. Il y a celles où vous allez comme un zombie parce que sinon le frigo sera vide toute la semaine. Il y a celles où vous allez en croyant que c’est un divertissement, comme le sacro-saint Ikea, en oubliant que le diabolique principe de l’escargot (les rayons enroulés les uns autour des autres), long comme un GR de montagne, couplé au soin que votre épouse porte à l’examen minutieux de chaque rayon, vous feront péter les plombs avant d’atteindre la zone de l’entrepôt en libre-service. Souvent, on se fait croire qu’on est obligé de faire les choses, pour « s’auto-victimiser » ensuite. Alors qu’avec un peu de bonne volonté et de sang-froid, il serait possible de dire STOP, pour avoir enfin le temps de s’occuper un peu de soi.

La mise sur pause de l’amour et du couple.

Qui n’a jamais écouté Lara Fabian (ou Céline Dion ou Donna Summer ou n’importe quelle chanteuse à coffre) à fond sur sa sono, le cas échéant en hurlant ou en mimant les paroles ? Vous êtes seul(e) en voiture ou au milieu du salon, et vous avez l’impression de vivre un moment intense. Subitement, le téléphone sonne, c’est votre mère, et il vous faut malheureusement baisser le son ou mettre sur pause, pour prêter toute l’attention qu’elles méritent aux histoires de cours du soir, de rosiers nains ou de Papa qui est encore au café à c’t’heure. Votre plaisir a été brisé en plein vol, comme un projectile de ball-trap. Dans votre couple, c’est pareil. À une époque, vous viviez tout avec intensité. Votre harmonie fusionnelle était au centre de vos préoccupations. Vos nuits, vos week-ends, vos lettres, vos déclarations, vos sorties, tout était enflammé comme du Zip lancé sur des braises encore chaudes. Puis la « vraie vie » a repris ses droits. Désormais, les seules déclarations que vous faites encore sont destinées à l’administration fiscale. Boulot, famille, amis, enfants, logistique et ravitaillement : autant de domaines qui se disputent dorénavant le centre de votre vie, sans que plus jamais vous ne trouviez le moyen de les mettre à leur tour sur pause, pour pouvoir à nouveau crier “JE T’AIIIIME !”

L’absence de plaisir ensemble.

Première évidence, si vous ne prenez plus votre pied au lit, ou que vous ne l’avez jamais pris, ça risque de sentir vite le sapin côté fidélité, pour l’un ou l’autre d’entre vous qui pourrait vite décider de chercher un remplaçant sur un site de rencontre en ligne. Si aucun des deux n’a jamais pris son pied, vous êtes de sacrés autistes et nous vous conseillons de foncer dare-dare chez le thérapeute de votre choix. Il ne s’agit pas de vous juger, juste de vous aider à élargir considérablement votre vision de l’existence. Que celui qui n’a jamais joui nous lance la première pierre, et nous verrons ce que nous pouvons faire pour lui. Mais prendre du plaisir ensemble, c’est aussi trouver le temps de se retrouver à deux, et rien qu’à deux, sans but précis autre que de s’aimer, de regarder les trains ou le temps passer. Paresser au lit, dans un champ, dans un musée, se perdre dans le regard de l’autre en se disant que vous n’avez rien à faire, ni personne à voir ensuite. Le temps gratuit est la vraie richesse d’aujourd’hui. Vous passez votre temps à vous organiser pour survivre à un planning de dingue, où se superposent vos sphères professionnelle et personnelle. Si vous laissez votre agenda devenir Fort Boyard, il y a fort à parier que le père Fourasse ne vous laisse jamais retourner à terre, et que vous finirez vos jours à faire des réussites avec Passe-Partout.

Le quotidien.

C’est la répétition incessante d’événements identiques (les vacances à la Baule, les dîners chez les Duschmoll, les migraines et les PV). C’est aussi l’invasion des tâches ménagères, et des activités obligatoires en tout genre. Faire les courses, amener les enfants au cours de judo, être crevé le soir, cuisiner le vingtième rosbif de l’année. Un quotidien que vous subissez, sans vraiment vouloir vous en éloigner, tant il est devenu un élément structurant de votre vie de famille, de votre vie de couple, et de votre vie tout court. Pourtant, seule la déstructuration, l’événement extraordinaire ou imprévu peut vous sauver, à un certain stade, de l’impression d’être mort avant l’heure. Métro, boulot, dodo, nous avons tous eu envie un jour de dire byebye au train-train quotidien. De partir faire chambre d’hôte à Marrakech ou de mener une opération humanitaire en Côte d’ivoire. Et puis, si nous ne tenons pas à notre quotidien, le quotidien, lui, nous tient. Les gîtes et les chambres d’hôtes, on voit ça du côté client, et l’humanitaire, il ne sort pas de la lucarne du JT. En réalité, il est injuste de se lasser du quotidien, car quelle que soit votre vie, elle en aura toujours un. Plus ou moins varié, plus ou moins ensoleillé, qu’on s’appelle Mme Michu, médiathècaire à Issy-les-Moulineaux, ou Antoine, chanteur qui fait les îles en bateau. Ce qu’il faut retenir, c’est que même les êtres qui ont le quotidien le plus glamour finissent un jour ou l’autre par le trouver rasoir. Commandant de bord dans Trois hommes et un couffin, André Dussolier disait « Les dutyfree shop me donnent la nausée », alors que pour vous, le dutyfree fait, peut-être, partie des à côtés un peu magiques du voyage. Le quotidien, vous pouvez le subir, en attendant d’être tenté par l’infidélité, ou d’en être victime. Vous pouvez aussi prendre les choses en main pour que ce soit votre couple qui en bénéficie. Comment ? Vous le saurez dans quelques pages.

Les proches.

A priori, vous avez l’impression d’être entouré par une famille aimante, et des amis (omni)présents. Ça n’est pas vraiment les invasions barbares. Il ne nous appartient pas déjuger vos proches, mais sans être barbares, il y a fort à parier que, subrepticement, ils vous envahissent quelque peu. Qu’avez-vous fait la semaine dernière ? Et surtout, qui avez-vous vu ? Lundi pot avec les collègues, mardi, soirée télé avec les enfants, mercredi, soirée foot avec les copains de Monsieur, jeudi, téléfilm policier de TF1 toujours en famille, vendredi, sortie avec des amis communs, samedi, fête de la poussette en forêt avec vos copains jeunes parents, samedi soir copains, dimanche midi, beaux-parents, dimanche après-midi, sport avec des potes, dimanche soir, deux films sinon rien avec vos parents. Agenda de famille lambda, à peine caricatural. Pas les invasions barbares, dites-vous ? C’est sûr qu’avec ce genre de défilé, vous ne risquez pas de vous sentir seuls, et c’est bien là le problème. Non content de ressasser en boucle les mêmes histoires à douze personnes différentes toute la semaine (parce qu’il ne vous arrive pas assez de trucs pour que vous puissiez faire du sur-mesure à destination de chacun), vous êtes devenu une entité appartenant à un large groupe, et vous avez de plus en plus de mal à être une entité à vous tout seul. Il y aurait bien cette grasse matinée de dimanche, crapuleuse sur les bords, si le chien et le petit de 4 ans ne venaient mener un raid sous votre couette, à la recherche, qui de la télécommande, qui d’une vieille balle de tennis à boulotter, atterrie dans le secteur à la suite d’une regrettable bataille de polochons. Qu’il soit chien ou homme, le proche peut être votre meilleur ami, à condition que vous sachiez parfois le renvoyer dans sa niche en marquant le territoire de votre couple. Vous redécouvrirez cette jolie lapalissade : c’est pas parce qu’on n’est que deux qu’on risque de se sentir seul.